L’exception au quotidien

Trois lettres ouvertes sur la santé au quotidien : nutrition et rythme biologique, immunité et microbiote à la rentrée, gestes simples contre la canicule. Un fil conducteur commun : réapprendre à écouter et respecter les rythmes naturels du corps, saison après saison.

Lettre ouverte :

     

    Lettre du mois — Octobre 2026
    Surpoids : et si on écoutait nos grands-mères ?

    Chère lectrice, cher lecteur,

    En France, près d’un adulte sur deux est en surpoids, et environ 17 % sont en situation d’obésité*. Derrière ces chiffres, il y a des personnes fatiguées des régimes, découragées par l’effet yo-yo, parfois culpabilisées.

    Le surpoids n’est pas qu’une question de calories. Il dépend aussi du sommeil, du stress, de l’activité physique, de l’hérédité, de la digestion, des émotions… C’est pourquoi les régimes trop stricts échouent si souvent : ils affament le corps, qui se défend en stockant dès qu’il le peut.

    Les sagesses d’autrefois, toujours d’actualité

    Nos grands-mères n’avaient pas de balance connectée, mais elles avaient du bon sens :

    • « Déjeuner comme un roi, dîner comme un pauvre » : un repas du soir léger, comme une soupe de légumes de saison, soulage la digestion et le sommeil.
    • « On mange avec les yeux, on digère avec les dents » : prendre le temps de mâcher, poser sa fourchette entre deux bouchées. Le cerveau met une vingtaine de minutes à recevoir le signal de satiété.
    • Des produits simples et de saison, cuisinés à la maison, plutôt que des plats tout prêts.
    • Marcher chaque jour, au jardin, au marché, en forêt.

    Mise en garde
    Cette lettre est générale. Ne la prenez pas pour argent comptant : chaque personne a un terrain unique, une histoire, une santé qui lui est propre. En cas de diabète, de traitement ou de problème de santé, parlez-en toujours à votre médecin.

    Si vous souhaitez faire le point sur votre situation, je vous accompagne avec un bilan de vitalité personnalisé.

     

    Prenez soin de vous, et au mois prochain.

    Marie-Pierre
    Naturopathe
    Je vous ouvre des portes, à vous de les franchir.

    Lettre ouverte : 

    NUTRITION & CHRONOBIOLOGIE 

    Lettre ouverte : à la rentrée, prenons soin de notre deuxième cerveau

    Chère lectrice, cher lecteur,

    Les vacances touchent à leur fin, les cartables se préparent, les agendas se remplissent à nouveau. Cette période de rentrée, aussi stimulante soit-elle, met notre corps à rude épreuve : changement de rythme, stress qui remonte, alimentation qui se déstructure, sommeil parfois écourté. Changement d'heure aussi

    « nos ancêtres n'étaient pas bêtes avec leur horloge solaire ! » (chronobiologie)

    Et sans qu'on y prête toujours attention, c'est un organe discret mais essentiel qui encaisse tout cela en premier : notre intestin.

    Pourquoi parle-t-on d'un « deuxième cerveau » ?

    L'intestin abrite plus de 200 millions de neurones, connectés en permanence au cerveau via ce que l'on appelle l'axe intestin-cerveau. Il produit à lui seul près de 95 % de la sérotonine de notre corps, cette hormone qui régule l'humeur, le sommeil et la gestion du stress. C'est aussi là que réside le microbiote : des milliards de bactéries qui digèrent nos aliments, fabriquent certaines vitamines, et surtout, construisent près de 70 % de notre système immunitaire.

    Le microbiote intestinal humain héberge environ 38 000 milliards de bactéries (soit 38 × 10¹², selon l'étude de référence Sender et al., 2016 — les anciennes estimations parlaient de 100 000 milliards, un chiffre aujourd'hui révisé). Ce nombre est proche de celui des cellules humaines du corps, estimé lui aussi autour de 30 000 milliards, soit un ratio proche de 1 pour 1. Quelques repères utiles à retenir : ce microbiote représente environ 1,5 à 2 kg de biomasse, il comporte plus de 1000 espèces bactériennes différentes, et son patrimoine génétique contient environ 150 fois plus de gènes que le génome humain. La majorité de ces bactéries se concentrent dans le côlon. Ces chiffres varient selon les sources, les méthodes d'estimation ayant évolué au fil du temps.

    Autrement dit : un intestin négligé, c'est une humeur plus fragile, un sommeil perturbé, et des défenses immunitaires moins réactives juste au moment où l'automne et l'hiver s'apprêtent à nous exposer aux premiers virus de saison.

    Un organe qui encaisse aussi le stress du monde qui l'entoure

    Cet été encore, les images d'incendies, de canicules et de sécheresses se sont multipliées. Ce climat anxiogène n'est pas neutre pour notre corps : le stress chronique qu'il génère active en continu l'axe intestin-cerveau, via des hormones comme le cortisol. Or un intestin exposé à un stress prolongé voit sa perméabilité et son équilibre bactérien perturbés ce qui, en retour, fragilise encore davantage notre humeur et nos défenses immunitaires. Un cercle qui se nourrit de lui-même, à un moment où le corps a justement besoin de toute sa vitalité pour se préparer à l'hiver.

    Notre intestin est aujourd'hui reconnu comme un organe bien plus réactif qu'on ne l'imaginait, parfois plus rapide à répondre aux signaux de stress que notre cerveau lui-même. En prendre soin, c'est aussi se donner les moyens de mieux traverser ces tensions, physiques comme émotionnelles.

    La rentrée : le bon moment pour recommencer à l'écouter

    Après des semaines de vacances où l'alimentation, les horaires et le rythme ont souvent été plus libres (pour le meilleur, parfois pour le pire), la rentrée est une occasion naturelle de remettre de l'ordre non pas dans la contrainte, mais dans la douceur, pour repartir sur des bases saines avant que le froid ne s'installe.

    Quelques gestes simples pour chouchouter son microbiote dès maintenant :

    • Réintroduire les fibres progressivement : légumes, fruits de saison, légumineuses, céréales complètes nourrissent les bonnes bactéries intestinales.
    • Miser sur les aliments fermentés comme le yaourt, la choucroute crue, le kéfir ou le miso, de précieux alliés pour la diversité du microbiote mais pas n'importe quoi, n'importe quand, car Popaul, votre foie, va jouer la rumba et vous le faire savoir par un ou plusieurs désagréments.
    • Réduire le sucre raffiné et les produits ultra-transformés, qui déséquilibrent la flore intestinale et favorisent l'inflammation.
    • Bien s'hydrater, pour soutenir le transit et le renouvellement de la muqueuse intestinale.
    • Ralentir sur le stress : la respiration, la marche, le sommeil réparateur ont un effet direct sur l'équilibre intestinal, via l'axe intestin-cerveau.

    Préparer l'hiver commence maintenant.

    On pense souvent aux défenses immunitaires en pleine crise hivernale, quand le corps est déjà fatigué. Or, un microbiote équilibré ne se construit pas en quelques jours : c'est un travail de fond, qui commence idéalement dès la rentrée, pour arriver aux premiers frimas avec un terrain solide comme un « roc », plutôt qu'un système immunitaire pris de court d'autant plus dans un contexte où le stress climatique ambiant pèse déjà sur notre organisme.

    Chouchouter son deuxième cerveau aujourd'hui, c'est offrir à son corps une longueur d'avance pour affronter l'hiver avec plus de sérénité.

    Et vous, désirez-vous apprendre à mieux le comprendre et à y remédier ?

    Chaque intestin, chaque microbiote est unique, façonné par votre alimentation, votre histoire, votre mode de vie. Il n'existe pas de programme universel, seulement des ajustements pensés pour vous.

    Je vous accompagne pour faire un point sur votre équilibre intestinal et préparer, dès la rentrée, un terrain immunitaire solide pour l'hiver à venir.

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    Lettre ouverte :

    Combien boire ?

     

    30 ml/kg/jour. Cette formule tourne partout sur les réseaux sociaux. Une personne de 70 kg ? 2,1 litres. Une personne de 110 kg ? Plus de 3 litres.

    Sauf que non. Appliquée sans discernement, cette règle peut être dangereuse.

    L'excès d'eau tue aussi

    On boit trop, le sodium du sang se dilue. Ça porte un nom : l'hyponatrémie, l'intoxication à l'eau.

    Les signaux d'alerte ? Maux de tête, nausées, confusion. Dans les cas graves : troubles neurologiques sévères.

    Les plus exposés : reins fragiles, personnes âgées, sédentaires et surpoids.

    Trois facteurs qui s'additionnent et transforment un "bon conseil" en risque réel :

    • Des reins qui filtrent moins bien avec l'âge ou une pathologie, l'excès d'eau ne s'élimine plus correctement.
    • Une soif qui ne prévient plus : on boit par habitude, pas par besoin.
    • Pas de transpiration, pas de perte sans activité physique, l'eau bue en trop s'accumule, elle ne se compense pas.

    Le constat est brutal : imposer 3,3 litres par jour à une personne âgée sédentaire de 110 kg, avec une pathologie lourde, n'est pas un conseil de prévention. C'est une prise de risque.

    Il n'existe pas de formule magique.

    L'hydratation dépend de l'âge, de l'activité, du climat, de la fonction rénale et cardiaque, des traitements en cours, de l'alimentation. Une balance et une calculatrice ne suffisent jamais.

    Boire beaucoup n'est pas un objectif. Boire juste, oui.

    Un doute sur vos besoins réels, ou sur ceux d'un proche âgé ? Parlons-en en consultation.