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Benoîte urbaine
Fiche plante sauvage
Benoîte urbaine (Geum urbanum · Rosacées)
autres noms Herbe bénite, herbe de Saint-Benoît, fleurs De mai à août, on la trouve. Chemins de forêt, buissons Altitude Jusqu'à 2200 m, facile à trouver. Oui, plante commune. On utilise Les racines et les feuilles Quand cueillir Feuilles : avril-mai ; racines : fin mai
Un peu d'histoire
Le nom « benoîte » vient du mot « bénite ». On la trouvait bienfaisante, presque magique. Elle a d'ailleurs été appelée l'Herbe de Saint-Benoît. Au Moyen Âge, on l'aimait beaucoup : elle donnait de l'énergie, aidait à cicatriser et calmait. Les prêtres s'en servaient même pour leurs rituels d'exorcisme. Ils faisaient brûler la racine sur du charbon : si elle brûlait bien, c'était bon signe.
Aujourd'hui, presque plus personne ne la connaît.
À quoi elle ressemble ?
C'est une plante de la famille des rosacées. Sa tige a plusieurs branches et peut monter jusqu'à 90 cm. Ses feuilles sont découpées en plusieurs morceaux, et le dernier morceau, plus grand que les autres, se divise lui-même en trois.
En mai, elle fait de petites fleurs jaunes à cinq pétales. En août, ces fleurs deviennent de petites boules avec des crochets, qui s'accrochent aux poils des animaux et aux chaussettes des promeneurs. C'est sa façon à elle de faire voyager ses graines.
Au début, ce n'est pas facile de la reconnaître. Le plus simple, c'est de chercher d'abord ces petites boules à crochets. Une fois qu'on en a trouvé, on regarde bien les feuilles, et on peut revenir au printemps suivant pour la retrouver avant qu'elle fleurisse.
Il y a d'autres benoîtes : celle des ruisseaux, qu'on trouve près de l'eau, et celle des forêts, plutôt dans les Pyrénées et le Midi.
Où la chercher
Elle aime les forêts avec des feuillus, un sol frais et riche, et elle n'a pas besoin de beaucoup de lumière. On la trouve souvent le long des chemins forestiers peu fréquentés, à l'écart des passages de chiens et de la pollution.
Même si c'est une plante de forêt, on la voit souvent près des maisons — c'est pour ça qu'on l'appelle « urbaine », contrairement à sa cousine des ruisseaux qui préfère rester loin des habitations.
Comment la récolter
Roques, un médecin et botaniste du XVIe siècle, conseillait de récolter les racines sur des sols secs et sablonneux, bien exposés au soleil, en juin-juillet. Aujourd'hui, on préfère plutôt la récolter juste avant qu'elle fleurisse, fin mai, ou en automne, vers septembre-octobre.
Ce sont les petites racines fines qui sentent bon le clou de girofle. Si on récolte trop tard, en plein été, l'odeur est moins forte. Il faut en récolter une bonne quantité, donc on ne le fait que là où la plante pousse en abondance, et on laisse toujours au moins 75 % des plants sur place.
On nettoie les racines, puis on les fait sécher à l'air libre. Si l'odeur disparaît en séchant, c'est souvent que le séchage s'est mal passé.
Attention à ne pas se tromper.
On peut confondre la benoîte urbaine avec la benoîte des ruisseaux, qui a des fleurs en forme de petite cloche penchée, de couleur brunâtre. Pas de souci si on se trompe : les deux se mangent.
Ses bienfaits
La benoîte contient la même huile parfumée que le clou de girofle. Elle aide à tonifier, resserre les tissus, fait transpirer, fait tomber la fièvre et aide les plaies à cicatriser.
Depuis longtemps, on l'utilise en décoction pour le ventre et le foie, contre les hémorroïdes et la diarrhée. En infusion, elle aide contre les rhumatismes et la fièvre.
Aujourd'hui, on s'en sert surtout pour relancer une digestion trop lente, notamment chez les personnes âgées ou qui se remettent d'une maladie. Comme le clou de girofle, elle est aussi utile pour les problèmes de dents.
Ce n'est pas la plante la plus simple à utiliser soi-même à la maison, ni la plus facile à cueillir souvent, car il en faut beaucoup à chaque fois. D'autres plantes sauvages, comme le lierre terrestre, sont plus pratiques pour la digestion.

Salicaire
Fiche plante sauvage
Salicaire (Lythrum salicaria · Lythracées )
Autres noms Herbe aux coliques, plumet rose, thé rouge des ruisseaux Fleurs De juin à septembre, on la trouve. Bords de rivières, fossés, étangs, prés humides Taille : jusqu'à 1,50 m. Facile à trouver. Oui, dans les zones humides. On utilise Les sommités fleuries, parfois toute la plante
Un peu d'histoire
Papa me racontait souvent que sa mère (Valentine) l'utilisait pour soigner les veaux qui avaient la diarrhée pendant la guerre.
La salicaire a des petits surnoms très parlants : « le plumet rose », « le thé rouge des ruisseaux » ou encore « l'herbe aux coliques ». Son nom vient du fait que ses feuilles ressemblent à celles du saule. Depuis longtemps, on lui faisait confiance pour calmer les coliques et soigner les yeux.
Aujourd'hui, on ne s'en sert plus pour les yeux, mais elle garde toute sa place pour le ventre.
À quoi elle ressemble ?
C'est une plante vivace qui peut monter assez haut, jusqu'à 1,50 m. Ses feuilles sont allongées, un peu comme des feuilles de saule, disposées face à face sur la tige. Ses fleurs sont petites, roses ou violettes, et elles s'alignent en longs épis bien serrés, du plus bel effet.
Les graines sont minuscules. Quand elles sont mouillées, elles deviennent un peu collantes, ce qui leur permet de s'accrocher aux pattes et aux plumes des oiseaux — encore une astuce de la nature pour voyager loin.
C'est aussi une plante que les abeilles adorent : elle attire énormément les insectes butineurs.
Où la chercher
La salicaire aime avoir les pieds dans l'eau ou presque. On la trouve le long des rivières, dans les fossés, autour des étangs et dans les prairies humides, sur des sols riches et bien gorgés d'eau. C'est une plante emblématique des zones humides.
Comment la récolter
On récolte surtout le haut de la plante, là où se trouvent les fleurs, au moment où elle est le plus en fleur. On peut aussi cueillir les jeunes pousses encore tendres, qui se préparent comme un légume, et les feuilles, qu'on peut infuser comme un thé.
Ses bienfaits
La salicaire contient des tanins et des composés qui resserrent les tissus, calment les inflammations et aident à cicatriser. C'est une plante qu'on utilise traditionnellement pour calmer un ventre fragile : diarrhées, troubles digestifs, et pour aider à la cicatrisation.
On lui reconnaît aussi des vertus pour la peau et la circulation, notamment pour apaiser les hémorroïdes ou les petites irritations.
Elle est déconseillée aux enfants de moins de 12 ans, ainsi qu'aux femmes enceintes ou qui allaitent. Comme pour toute plante, mieux vaut demander conseil à un professionnel de santé avant de l'utiliser.

Pourpier commun
Fiche plante sauvage
Pourpier commun ( Portulaca oleracea · Portulacacées )
On la trouve Potagers, friches, trottoirs, sols secs Altitude jusqu'à 1200 m, facile à trouver. Oui, très répandue. On utilise Les feuilles et les jeunes tiges Quand cueillir Feuilles : avril à octobre · Graines : août à octobre
Une plante qu'on croise partout
Le pourpier commun pousse un peu partout en France, sauf tout au nord où on le voit moins souvent. On le trouve même dans d'autres pays, jusqu'à 1200 mètres d'altitude. C'est une plante qui aime la chaleur et le soleil, et qui apprécie les sols secs, un peu calcaires et bien nourris.
Elle s'installe volontiers dans les potagers, les friches, les pelouses, et même entre les pavés des trottoirs en ville.
Comment la reconnaître
Le pourpier est une plante qui ne vit qu'une saison. Ses tiges rampent le plus souvent au sol, parfois un peu redressées, et peuvent aller jusqu'à 50 cm de long. Elles sont rondes et changent de couleur, du vert au rougeâtre.
Ses feuilles sont vraiment faciles à repérer : elles sont épaisses, charnues, pleines d'eau, bien lisses sans aucun poil, avec des bords tout entiers sans dents. Leur forme rappelle une petite cuillère allongée. Elles sont vertes, parfois teintées de rouge sur les bords.
Ses fleurs et ses graines
Le pourpier fait de petites fleurs jaunes très lumineuses, réunies par deux ou trois au bout des tiges, avec cinq pétales chacune. Une fois la floraison passée, un petit fruit sec apparaît : une capsule qui s'ouvre toute seule comme un couvercle qu'on soulève, et qui laisse échapper de minuscules graines noires.
En cuisine
Le pourpier est très apprécié pour la cuisine, à tel point qu'on le cultive aussi volontiers dans les jardins. Les jeunes feuilles se mangent crues, par exemple en salade, et apportent beaucoup de fraîcheur avec leur texture croquante et juteuse. Les tiges tendres se mangent aussi.
Son goût est un peu acidulé, avec une petite note poivrée qu'on sent surtout quand on le mange cru.
On peut aussi le préparer comme un légume : sauté à la poêle avec un peu d'huile, ajouté dans une soupe, ou mélangé à d'autres légumes cuits. Sa texture reste agréable, même si les parties les plus vieilles deviennent un peu plus fermes avec le temps.
Attention à ne pas se tromper.
Il y a très peu de risque de confusion avec le pourpier commun. La plante qui lui ressemble le plus est le pourpier des marais, qui pousse plutôt dans les zones humides. On peut les différencier facilement en regardant la tige : ronde chez le pourpier commun, carrée chez celui des marais.
De toute façon, même en cas de confusion, il n'y a aucun souci : le pourpier des marais se mange aussi.